Textes / Méditation

La santé est une expérience !

La métaphysique de l’araignée.

La santé n’est pas un objet. La santé, comme la joie, sont irrationnels. La santé est relative et subjective. Nous proposons de pousser les subjectivités pour expérimenter la santé.
La subjectivité concerne ici les sources de la personne, être. Être, non-point être ceci ou cela, ni être objet, ni être conditionné. La subjectivité attentive se défait des conditionnements et des mémoires supposées objectives. La subjectivité sincère rencontre la conscience.
La santé, est multitude de dimensions. Entre infini et fini, nous choisissons l’indéfini. Indéfini, dans le sens où l’on peut approcher une réalité, l’approcher seulement, ne pas l’atteindre, encore moins la prendre ni l’appréhender car elle dépasse nos conceptions de la réalité.
Cette invitation à expérimenter la santé se trouve dans le courant de la non dualité. Continuité, rien de vide, la santé est matières et énergies en transformations, mutations et plénitudes. Quand la subjectivité (le sujet) explore l’objectivité (l’objet), l’objet disparaît, la conscience apparaît. Ici, la métaphysique a une place. La conscience n’est ni pleine ni vide, ni limitée ni illimitée, présente et absente, sans fin ni début.
La métaphore est une forme d’exercice pour passer des idées (concepts) aux perceptions (percepts).
Vous est-il arrivé de contempler une toile d’araignée, ses lignes, ses géométries, ses brillances ? Il est rare d’observer l’araignée à l’œuvre, questions de temps et d’espaces. L’araignée tisse avec des soies son espace vital. Les soies de l’araignée montrent ses déplacements, ses temps, sa nourriture. La toile est un exploit inouï de la conscience de l’espace, du mouvement, de la matière. L’araignée est apparemment seule, ses relations sont secrètes, elle offre sa progéniture aux vents.
La santé occupe nos espaces, occupe nos directions et notre attention. La santé est en relation avec la planète, avec ses mouvements, avec le soleil, avec l’eau. Nous n’avons pas de choix avec la génétique, ni avec le lieu et l’instant où nous sommes nés. Nous avons le choix du prochain pas, de la prochaine direction.
La santé est de l’ordre de la nature. La métaphore de la toile d’araignée évoque les constructions de la nature, des fractales rayonnantes. Le corps, notre corps, le corps du nouveau-né est rayonnement. Les bras, les jambes, les doigts, les yeux, les oreilles sont des productions de la nature, continuité de la nature.
Deux façons radicalement différentes d’envisager et aborder le corps et la vie avec ce corps. L’une est fonctionnelle, elle se présente comme objective, le feu est vert, le feu est rouge, la cellule est à sa place, ou pas. L’autre est subjective, qui est concerné, que disent les cellules diverses ? L’une est rationnelle, ‘’cartésienne’’, « je crois ce que je vois ». L’autre ferme les yeux et continue à voir. Le corps est d’abord une information, « je suis ». Quand rien ne bouge, tout bouge, la planète tourne, regarde le soleil ou lui tourne le dos, la lune interfère, les astres équilibrent des fils invisibles. Le souffle, les pulsations, les perceptions, les humeurs, les idées agissent, révèlent le présent, la conscience. La santé devient l’expérience de la joie.

Ce texte est inspiré par l’œuvre de Tomás Saraceno. Tomás fait une œuvre de l’œuvre des araignées. Né en Argentine, il travaille à Berlin. Architecte, son activité rassemble les arts, les sciences de la nature et l’astrophysique.
Chemin, Ruissellement, Volute, Cocon, Nuage …

Chemin,

Je, tu, il, nous… sommes en chemin,
Quand nous ne bougeons pas, la planète sur laquelle nous sommes debout, assis.es ou allongé.es se déplace dans le cosmos à des centaines de kilomètres par secondes. Le souffle déplace des centaines de milliers d’atomes d’oxygène entre les feuilles, les algues et les cellules du bout du doigt, de l’oreille et de l’œil. Quelques zeptosecondes sont nécessaires pour que la molécule d’oxygène passe de l’eau au gaz carbonique en libérant de l’énergie dans les combustions cellulaires.
Sur ce chemin, retournez-vous. Continuez votre chemin en marchand en arrière, faites face au passé, jusqu’à vos origines. Voyez ces assemblages de matières et d’affections. Revivez ces montagnes de tendresses et de souffrances. Voyez le début, voyez la fin. Chaque instant comme un début et une fin. Chaque soir comme une fin, chaque matin comme un début. Chaque expiration est une fin, chaque inspiration est un début.
Ne bougez rien, le chemin se déroule.


Ruissellement,

Nous sommes ruissellement, comme cette goutte d’eau qui circule dans le ruisseau.
De vapeur à nuage à goutte à rivière souterraine à émergence.
A chaque instant, de souffle à pensée, ruissellement de l’air.
Être sensible,
Canalisé.
Ce que nous sommes est continuité d’une cellule à la peau, au toucher, au goût, au regard, au parfum. L’environnement est canal. Canal biologique, continuité biologique.
Canaux historiques faits de choix, d’élans, de freins, de montées et de descentes.
Nous avons le choix de nous identifier à l’un ou à l’autre.
Aux perceptions ou aux actions,
Au présent ou aux mémoires.
Être est une perception, être est dans le présent, ce qui exclue les mémoires.


Volute,

Une volute est officiellement une spirale. Le mot s’applique également à la fumée. Il n’y a pas de mots suffisants pour désigner les formes des nuages. La fumée d’une cigarette, évènement devenu rare, représentait ces formes, volutes, nuages, vapeurs. Autant de matérialisation de l’air. Mettez une goutte de lait dans du thé, ou dans du café, voyez les couleurs, les substances différentes s’emmêler. L’air n’est pas davantage homogène.
L’expiration est apparemment de l’air. L’expiration est en réalité un extrait. Nous nous expirons. Prolongement du corps à la rencontre du monde.
Inspiration, exploration du monde.
La volute est esthétique, mouvante, transitoire,
Rien d’homogène, fluctuations, rencontres, échanges.


Cocon,

La vie sort d’un cocon
Neuve
De ce cocon subsistent des fils peu visibles et solides
Des fils certains qui relient aux passés
Vous pouvez envisager ces fils comme ceux de la marionnette
La vie sociale
Le langage
Le goût
Les attaches sont culturelles, profondément culturelles
Il est important de percevoir ces fils qui relient aux passés
Quand ils deviennent contraintes
Quand ils serrent
Le présent n’a pas de fil


Nuage,

La prochaine fois que vous rencontrerez un nuage
Prenez votre temps
Les nuages ont de multiples formes, de multiples conditions
Ils évoluent selon les vents, les pressions et les températures
Énormes nuages pommelés ou moutons bien rangés ou voiles
Les nuages vivent entre lune et soleil, entre sec et humide
Condensation d’électrons homogène
Le nuage est une partie de vous-même, un prolongement
Prenez votre temps
Ou l’inverse, sortez du temps
Ce qui nous fait apparaitre la vie homogène est une bévue
Reprenons l’observation du nuage
Observons les contraintes anatomiques et biologiques limitant nos capacités d’observations
Le front tient tellement de place, il est tellement lourd
Le regard est confiné aux quadrants inférieurs
Nos yeux regardent plus souvent le sol que le ciel
Pour regarder le ciel, nous devons lever la tête
Pour cela être assuré.e.s de ce qui se passe sous nos pieds, devant nos pieds
Entre deux regards, deux sorties, deux jours, le ciel a changé, muté
La bévue est de ne pas être conscient des mutations de chaque instant
Notre système organique est permanente mutation
Notre système psychique se coince, s’écrase dans un état
Tous les matins, la mémoire prétend à la réalité
Souvent dans la journée, la mémoire prétend à la réalité
« Je suis « moi » »
Envisagez
« Je suis nuage »


Nous sommes deux !

Méditation…

Nous sommes deux, anatomiquement, physiologiquement, psychologiquement. Un être de droite et un être de gauche. Un côté solaire, un côté lunaire, un masculin, un féminin, un maternel, un paternel. Nous sommes à droite ou à gauche, un cerveau à droite, un cerveau à gauche, une main droite, une main gauche, un pied droit, un gauche, deux yeux, deux narines, deux oreilles… apparente symétrie.
Nous sommes 2, parce qu’il est difficile d’être 1.
Nous sommes 2, parce qu’il est difficile d’être d’accord avec soi.
Nous sommes 2, parce qu’il est souvent aussi difficile d’être d’accord avec les autres qu’avec soi.
Nous sommes 2 pourrait aussi se dire au singulier « Je suis 2 ». En réalité « Je suis » est un millefeuille. Nous resterons aujourd’hui sur la base de 2. Une autre fois nous regarderons les étages dudit millefeuille.
Nous sommes 2, ou je suis 2, comme constat de départ pour se retrouver 1, sans condition.

Cette méditation se fonde sur des réalités biologiques. La réalité biologique la plus palpable est rythmes. Inspirations, expirations, pulsations, cycles hormonaux.
Cette méditation se fonde sur des réalités planétaires. Nous habitons sur une planète, nous sommes émanation de cette planète. Nous sommes végétal, bactérie, animal, algue, tout à la fois, tout en continuité.
Cette planète, cette vie, cet espace, ce souffle, ont été étudiés, médités, interprétés.
Cette symétrie, cette asymétrie, cette duplicité, pour le yoga, sont regardées comme les fibres qui constituent les plantes, comme le ballet de la lune et du soleil. L’énergie qui donne la verticalité est faite de deux énergies, Ida et Pingala. Ida se situe à gauche, Pingala à droite. Ida est féminin, lunaire. Pingala est masculin, solaire.
Il s’agit de courants, aussi palpables que les courants d’air ou d’eau, aussi palpables que le germe du crocus ou du haricot.
Il s’agit des énergies liées aux souffles. Souffles issus de la feuille, issus des racines. Le souffle est continuité, des courants d’air, des courants d’eau, de la croissance de l’arbre, de la croissance des pieds, des mains, des yeux et des oreilles.
Les souffles deviennent matières, idées, pensées, psychés.
Les énergies de droite, les énergies de gauche, Ida, Pingala se réunissent et s’unissent. La pomme composera cinq graines, en étoile, le kiwi composera mille graines en rayonnement.

Nous faisons Un.

L’addiction comme une erreur de limites

La méditation est une attention. La limite dans l’air et le souffle. Dans la conscience des interfaces.

Pour mieux voir le mécanisme de l’addiction, envisageons l’addiction comme une confusion entre dedans et dehors, comme erreurs de limites entre sujet et objet.
L’addict, au moment de l’addiction, identifie sa vie, « moi » à un objet. « Cet objet est indispensable à ma vie » l’objet peut être un produit, une personne, une situation.
Hors des addictions, « Ma vie » est faite de hauts, de bas, de goûts, de parfums, de pleins et de vides.
La culture identifie les perceptions à des émotions,
Les usages mettent des mots et de la morale sur les hauts,
Les bas, les pleins et les vides.
Le lourd, le léger, le chaud, le froid, la joie ou la tristesse,
Les perceptions du plein ou du vide sont des évènements de la nature.
Nous avons un corps personnel, nous avons un corps social…
La société, les autres, sont des pressions,
Pressions à consommer ou à ne pas consommer,
Pressions à aller à droite ou à gauche, en haut ou en bas…
Pressions aux bonheurs et aux malheurs.
L’addiction comme une réaction,
L’addiction comme un rebond ou tentative de pousser les limites et de sortir des limites.
La méditation est une attention, une écoute, écoute des perceptions, écoute des rythmes.
Méditer est un état naturel

Nous méditons naturellement entre deux pensées, dans le sommeil profond, entre deux actions, en goûtant, en écoutant, en respirant…

L’approche de la méditation que nous offrons ici se fonde sur l’expérience.
Cette expérience prend ses sources dans l’Himalaya, il y a très longtemps.
C’est l’origine profonde du Yoga, méthode d’observation.
On peut dire aujourd’hui que le Yoga observe la nature profonde, la continuité entre un rayon de soleil, une goutte d’eau, d’air, l’audition, le goût et la vision.
La méditation comme une exploration silencieuse. Dans ce silence, un bouillonnement.
La vie faite de matières, d’énergies, de perceptions et d’actions,
L’intelligence liée aux perceptions,
Le mental (la pensée) liée aux actions,
Le bouillonnement vital est joie sans objet.
Explorez les silences…
Les bruits de « je », de « moi », des « autres », des « il faut », « je dois »
La difficulté, la tristesse, sont des ombres sur la joie.
Le manque, le vide, ne sont pas le contraire du plein.
Explorez le sensible,
La peau et le souffle comme interfaces.
Les yeux, les oreilles comme éléments de l’Univers.
Addiction et Méditation
L’addiction est une confusion entre dedans et dehors, erreur de limites entre le sujet et l’objet. Le sujet addict identifie sa vie « moi » à un objet. « Cet objet est indispensable à ma vie » l’objet peut être un produit, une personne, une situation. « Ma vie » est faite de hauts, de bas, de goûts, de parfums.
La culture nous amène à identifier les perceptions à des émotions, le lourd, le léger, le chaud, le froid, à la joie ou la tristesse. Les perceptions du plein ou du vide sont identifiées au bonheur ou au malheur.
Proposer la méditation dans l’addiction, c’est offrir une capacité à prendre de la distance. C’est à la fois de la distance et de l’intimité avec la nature de ce que l’on est, de la réalité de la personne.
Dans cette approche, la vie est faite de matières, d’énergies, de perceptions, d’actions et de joie. La difficulté, la tristesse, sont des ombres sur la joie. Le manque, le vide, ne sont pas le contraire du plein.
Méditer n’est pas une pensée
Méditer n’est pas une pensée, ni une action. Nous méditons naturellement entre deux pensées, dans le sommeil profond, entre deux actions, en goûtant, en écoutant, en respirant…
Méditer, c’est faire connaissance avec la conscience. La conscience n’est pas un objet, elle n’est ni pleine, ni vide !
Dans la méditation, il y a total prolongement entre dehors et dedans, de notre nature.
Méditer, décider !
A chaque instant, nous devons décider d’aller à droite, à gauche, plus haut ou plus bas.
A chaque instant, nous devons nous assurer de la verticale et de l’horizontale.
Ces instants sont des temps subjectivement courts. Ces instants sont objectivement long. Le temps des neurones est long, le temps de la pensée est long. Dans ces temps agissent la nature et les conditionnements.
Qui décide vraiment ? La nature ? Notre nature ? Ou les mémoires ?
Les mémoires sont profondément inscrites dans les structures physiques et psychiques.
Méditer, c’est prendre du temps, c’est visiter les espaces, les perceptions et les mémoires.
Méditer, c’est revoir le haut, le bas, devant, derrière,
C’est voir les conditions de notre planète, celle d’où « J’apparais »,
Méditer c’est en même temps prendre de la distance et se rapprocher de son axe, la conscience.
Boire, manger, méditer !
Plusieurs fois par jour, nous décidons de manger ou de boire, de ne pas manger ou de ne pas boire, fumer, pas fumer, jouer, pas jouer, travailler, pas travailler…
Manger, boire, fumer, jouer, travailler, dormir… répondent à l’appel des cellules.
La façon, les modalités des réponses, répondent en partie à la nature, davantage aux mémoires et aux conditionnements.
« Où J’apparais », « Où Je Suis », « Qui Je Suis »…
Méditer, c’est visiter,
Visiter et explorer toujours !
Le corps, méditer !
Le corps nous apparait !
Le corps est d’abord une perception Perception du corps et perception du monde sont les faces d’une même feuille.
A la fois les faces et l’épaisseur de la feuille.
Le corps est fait de perceptions et d’actions !
Méditer, ici, c’est entrer dans les perceptions, ce n’est pas une pensée,
(la perception est intelligence, la pensée est action).
Le souffle, méditer !
Le souffle est un mouvement.
Mouvement de l’air,
Mouvement des vagues,
Mouvement des planètes et des astres.
Le souffle est un mouvement dans le corps, un mouvement dans les cellules, un mouvement d’atomes, oxygène, carbone, azote, fer, chrome, sélénium, zinc…
Le souffle est conditionné, par le souffle du ventre maternel dans lequel on nait (Où J’apparais).
Le souffle est conditionné, par le souffle des « autres », ceux que j’ai rencontré et ceux que je rencontre. Ceux qui m’ont appris à marcher, à boire, à manger. A me conditionner à la vie adaptée de « Où Je Suis ».
Souffle pour exprimer, souffle pour dire, souffle pour manger, souffle pour tenir debout…
Souffle pour habiter l’égo, agresser et défendre.
La méditation, peu à peu, contemple le souffle comme le vent, les nuages et le courants.

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