Textes

Méditation

La santé est une histoire…

La santé est une histoire…

La santé fondée sur une histoire,

La vie fondée sur une histoire,

Le lieu où vous êtes, là, maintenant, est fondé sur une histoire. Le lieu a une histoire. Le sol repose sur d’autres sols, les murs sur d’autres murs.

L’écran regardé contient aussi l’invention de Gutenberg, l’imprimerie, aussi l’invention de l’écriture, et avant, l’invention du langage. Chaque millimètre, chaque milligramme de vie contient une histoire. La culture orale, avant l’écriture, était une culture de transmission du sensible. Elle l’est encore. Très objectivement, aucun progrès n’est possible, aucune régression n’est possible. A ce jour, nul n’a inventé la vie. Chaque instant est la réunion de moyens. Chaque cellule est une réunion de moyen. Progresser, comme régresser, dépend de la somme des moyens. Activer le progrès, ou l’inverse, est une fuite de l’instant. Chaque instant est rempli de possibilités, comblé de possibles, plein. Chaque instant a son éclairage, unique.

Quand nous découvrons que notre sol penche ou se creuse, c’est le passé qui parle. Ce passé est là présent. Nous avons vécu avec, en compensant, la pente, en ignorant le défaut, apparemment, l’instant regardait l’ailleurs nécessaire. L’instant maintenant s’effondre dans la pente, dans le creux. Le passé est présent pleinement, moment de le reconnaitre, de le considérer, même douloureux de le remercier pleinement au nom d’aujourd’hui existant.

Le présent regarde les strates, les couches, les empilements. Quand un défaut apparait, c’est la capacité de réparer qui éclaire le défaut. Les strates sont autant internes qu’externes, le regard est autant interne qu’externe, l’éclairage est global et vital.

La nature est faite de strates comme les vagues contient l’énergie du soleil et du vent. Nous sommes témoin et acteur parfois victime. La conscience des strates et des énergies présentes est témoin acteur.
Conscience et Pensée « Je »
Il existe des milliers de façons d’aborder les relations de la conscience et de la pensée. Notre fil conducteur est la santé, autant la santé de l’esprit que celle du corps. Pensée, corps, conscience, ne sont pas séparés. La pensée est un produit de la conscience. Nous sommes, nous existons, par la conscience. La conscience existe sans être pensée.

« Je pense, donc je suis » est une proposition à visiter de haut en bas et de bas en haut.

De haut en bas, « Je pense, donc je suis » est acceptable si « Je pense » est entendu comme une expression de la conscience. Alors, « Je suis », « être » se situe dans les dimensions du sensible, c’est-à- dire de l’intelligence. Ce « Je suis » (sensible) est partie et continuité de l’univers. Cette « pensée » est offrande et offerte, de l’ordre de la nature, esthétique et créatrice.

De bas en haut « Je pense, donc je suis » est dans la matérialité de la pensée. Ce « Je pense » se pense ! Autrement dit, ce « Je » s’identifie à sa pensée. La pensée est une construction mentale. C’est-à-dire un calcul des actions à mettre en oeuvre pour boire, manger, se protéger et se perpétuer. L’individu (je) est part du groupe social (nous).

Deux façons d’envisager « Je », « Je » comme produit de la nature ou « Je » comme produit de la société.


« Je » comme produit de la nature

« Je » produit de la nature naît de la nature. « Je » est une entité de matières et de mouvements. « Je » est prolongement non-différencié des atomes et des molécules de l’univers. « Je » existe dans l’instant, uniquement dans l’instant. Ce « Je » est sans limite, dans une nature sans limite.

« Je » demande du souffle, de la nourriture, des supports. « Je » est bouillonnements de molécules, toujours en mouvement. « Je » rassemble des cellules individualisées dans des courants d’air, d’eau et de lumières. « Je » comme jeu des mouvements de planètes.

« Je » est une part de la nature douée de regard, d’ouïe, de toucher, de goût et de contemplation. « Je » est prolongation du monde sensible, expression de la sensibilité de la nature. « Je » matérialise la conscience. « Je » est matériel de la conscience.

« Je » comme produit de la société

« Je » produit de la société naît de la nature dans une histoire. « Je » est cultivé, canalisé. « Je » est dans une lignée, aligné. « Je » est possédé ou croit se posséder. « Je » est appris, il est mémoire. Ce « Je » est enjeu personnel, familial, social, politique, culturel et commercial. « Je » est produit.

« Je » est fier de « Je ». « Je » est coupable. « Je » est responsable ou irresponsable. « Je » est moins. « Je » est plus.

Le « Je » social est limité à ses courtes mémoires. Synonyme de « moi » et de « égo », processus de défense et d’attaque. Ce « Je » a faim et soif, il a peur de manquer.

Ce « Je » est un processus mental, conditionnel. Il appartient à l’individu et au groupe. Il est dans l’enveloppe de la psyché.

Ce « Je » craint ne plus penser et ne plus être. Ces « pensées » obstruent son regard, son ouïe, ses goûts et sa sensibilité.


« Je » en équilibre

À tout moment, il est utile de se poser la question « Qui est Je ? » Qui agit ? Qui pense ? La relation entre conscience et pensées est déterminante dans les équilibres. Il s’agit de l’écologie des équilibres du corps et des équilibres sociaux. La curiosité explore l’univers, le cosmos et l’atome… « qui explore ? », quels yeux, quelles oreilles, quels désirs et quelles prétentions ?

L’observateur et l’objet observé sont un seul et même sujet.

La méditation, comme la prière, sont des aspirations, des moments d’écoute, d’attention à la conscience. Ce sont des moments d’attention aux vagues de fond et aux pressions. Des moments pour considérer le bas du haut et le haut du bas.


« C'est de la Conscience qu'est réellement sorti l’éther ; de l'éther qu'est sorti l’air ; de l'air qu'est sorti le feu ; du feu les eaux ; des eaux la terre ; de la terre les plantes ; des plantes la nourriture ; de la nourriture la semence ; de la semence l'homme, car l'homme est vraiment l'essence de la nourriture." Et c'est pourquoi il est dit : "Cette tête, ma tête est sa tête ; ceci est son bras droit ; ceci est son bras gauche ; ceci est son corps ; ceci est sa base. »

Tattiriya Upanishad, il y a 3000 ans
Psyché est un décor !
Nous naissons dans un décor, peu-à-peu, nous sommes identifiés à ce décor, potentiellement, nous sommes dépendants de ce décor, idéalement nous réalisons que nous sommes libres de ce décor.

Parfois, nous percevons les limites et les contraintes de ce décor. Souvent, nous essayons de changer le décor, de le pousser ou d’en changer les couleurs. Souvent, nous découvrons d’autres cultures, d’autres points-de-vues, d’autres activités, d’autres décors. Nous éprouvons les libertés.

Parfois nous absorbons de l’alcool, du tabac et d’autres produits, ou activités, qui transportent ailleurs, un moment ou un instant. Ce ‘’transport’’ est un autre point de vue, un autre décor des réalités. Si ce déplacement est pris pour la réalité il peut devenir très coûteux en termes de santé, d’économie et de lien sociaux.

Nous naissons à une culture, les courants de cette culture sont puissants. Cette culture est en réalité faite de multiples cultures, de multiples décors. Les couches de décor sont mêlées, emmêlées, des couches apparemment inextricables. Apparemment ! Jusqu’à ce que vous décidiez de toucher les réalités de première main !

Le décor est souvent pris pour la réalité. Ces apparences absorbent d’énormes quantités d’énergies et de matières. Les décors sont construits, ils accaparent le mental, détournent l’intelligence. Ces efforts marquent les corps et la biologie.

Les décors peuvent être manipulés, éclairés, scintillants, pour absorber, attirer, passer pour indispensables et réels.

Si la culture est un filet de mailles serrées, il est toujours possible de regarder entre les mailles, d’entrevoir les différentes couches, d’apercevoir les racines, la terre et le ciel des cultures.

Les dénis ne sont pas des mensonges. Le déni est un décor, une interface fabriquée, adaptée aux besoins d’une personne, ou d’une tribu et d’un moment. Quand vous rencontrerez ce qui vous apparaitra pour un déni, essayez de remplacer le concept de déni par celui de décor. A cet instant vous ne verrez plus l’apparent mensonge, l’apparente manipulation. A cet instant vous verrez l’autre, dans son costume, dans son décor. Nous voyons, nous visitons, nous habitons, d'infinis (en réalité d’indéfinis) différents décors. Rencontrer l'autre c'est tenter de visiter, de partager et surtout d'aimer ses décors.

Le décor existe seulement dans l’état éveillé. Le sommeil profond a nul décor. Le rêve et le cauchemar construisent leur propre décor. Rêves et cauchemars donnent de précieuses indications au rêveur sur l’état de ses réalités. La conscience ne dort jamais.

Le décor est une interface de la vie, des vies. Les décors sont des enveloppes nécessaires. Ils sont les décors de la vie sociale, des éléments de langage, de limites et de transmissions. Les décors sont des produits de l’humanité. Sous le décor, se trouve l’humus des décors, la matière de la vie intense et parfumée.

Nous naissons à l’autre avant de naitre à nous-même ? Ou l’inverse, nous naissons à nous-même ?

En naissant, nous découvrons les sens, le toucher, la vue, le goût…

Les sens naissent à nous. L’individu nait au rassemblement des gènes maternels et paternels. La naissance est une cellule, prolongement de multitude cellules. A la cellule native apparait multitudes de cellules, des cellules réceptrices, des cellules émettrices, d’autres coordinatrices, d’autres mémoires.

En naissant, nous découvrons des décors, tendre ou rugueux, profonds ou superficiels, laids ou beaux, aigres ou sucrés, ouverts ou fermés. La naissance naît à « Je ».

Psyché est décors, interfaces. Psyché est composée de « moi » ! Multitudes de « moi » adaptés aux moments, aux besoins et aux attentes. Psyché est mental, c’est-à-dire, liée à l’action. Pour aller chercher le pain, nous calculons, agençons des actions. Le pain lui-même est fruit de multitudes d’actions, de calculs, de choix pour nourrir les cellules.

« Je » est matière première, matière subtile, intelligence et joie.

Expérimentez !
Être sous influence - Êtres sous influences
Être sous influence
Des atmosphères d’abord, Des pressions célestes et terrestres
Les intempéries, la pluie, l’hiver, le froid, le printemps, la canicule
La pleine lune, la nouvelle lune, les éclipses

Êtres sous influences
Des autres,
Les ascendants,
Les ascendants des ascendants,
Les ascendants des ascendants des ascendants,
Etc.

Très curieusement les mémoires sont rapidement muettes.
Nous connaissons l’histoire de nos parents, l’histoire des grands parents,
Des connaissances partielles et alvéolées de creux et de bosses.
Les mémoires nommées et affirmées dans notre culture dépassent rarement deux générations,
A moins que l’ancêtre se nomme Gauguin, Hugo, Chaplin et quelques autres.
Dans ces cas, les mémoires occupent des galeries.
Des mémoires officielles, peut-être lointaines des mémoires vécues à proximité.

Tangiblement, les mémoires sont sans fin
Indéfiniment originelles,
Dans la forme d’un nez, d’une oreille, de pieds, de mains,
Des formes définies par la planète, par le soleil, par l’eau et l’air,
Formes définies par les énergies et les matériaux de la planète,
Éléments mémoriels recyclés,
Mémoire tangible entre les doigts, sous un orteil, sur la langue et dans l’air inspiré.

Être sous influence
En termes d’éclairages,
Êtres sous influences de jeux de miroirs,
Nous agissons par reflets et réflexions,
Nous naissons de reflets et de réflexions,

En termes de sons,
Êtres sous influences d’échos,
Formés d’échos,
Actions d’échos,
Condensations de sons et d’images,

Être sous influence organique,
Influences des lunes et des marées,
De digestions,
D’hormones et de phéromones,

Être sous influence de réactions et contre-réactions,
D’incompréhensions et de colères,
D’interprétations et de frustrations,
De tensions et de compressions.

Être sous influence de pressions, de dépressions,
De chaines de pressions et de dépressions,
Sous influence de vagues, de résonnances, de tsunamis de pressions et de dépressions.
Pressions et dépressions influencées, héritées, expédiées ou assumées,
Dépressions étrangères et pâteuses.

Être sous influence des eaux, des airs, des rayons, des terres,
Sous influence des algues, des fleurs et des herbes,
Témoin de la vie de l’eau, de l’air, de la terre et des rayons,
Vivant de la vie de l’eau, de l’air, de la terre, des rayons, des algues, des fleurs, des arbres, des fruits,
des bactéries invisibles, des insectes, des souris, des lapins, des poules, des éléphants et des humains.

Continuités d’êtres et de pensées.
La santé est une expérience !

La métaphysique de l’araignée.

La santé n’est pas un objet. La santé, comme la joie, sont irrationnels. La santé est relative et subjective. Nous proposons de pousser les subjectivités pour expérimenter la santé.
La subjectivité concerne ici les sources de la personne, être. Être, non-point être ceci ou cela, ni être objet, ni être conditionné. La subjectivité attentive se défait des conditionnements et des mémoires supposées objectives. La subjectivité sincère rencontre la conscience.
La santé, est multitude de dimensions. Entre infini et fini, nous choisissons l’indéfini. Indéfini, dans le sens où l’on peut approcher une réalité, l’approcher seulement, ne pas l’atteindre, encore moins la prendre ni l’appréhender car elle dépasse nos conceptions de la réalité.
Cette invitation à expérimenter la santé se trouve dans le courant de la non dualité. Continuité, rien de vide, la santé est matières et énergies en transformations, mutations et plénitudes. Quand la subjectivité (le sujet) explore l’objectivité (l’objet), l’objet disparaît, la conscience apparaît. Ici, la métaphysique a une place. La conscience n’est ni pleine ni vide, ni limitée ni illimitée, présente et absente, sans fin ni début.
La métaphore est une forme d’exercice pour passer des idées (concepts) aux perceptions (percepts).
Vous est-il arrivé de contempler une toile d’araignée, ses lignes, ses géométries, ses brillances ? Il est rare d’observer l’araignée à l’œuvre, questions de temps et d’espaces. L’araignée tisse avec des soies son espace vital. Les soies de l’araignée montrent ses déplacements, ses temps, sa nourriture. La toile est un exploit inouï de la conscience de l’espace, du mouvement, de la matière. L’araignée est apparemment seule, ses relations sont secrètes, elle offre sa progéniture aux vents.
La santé occupe nos espaces, occupe nos directions et notre attention. La santé est en relation avec la planète, avec ses mouvements, avec le soleil, avec l’eau. Nous n’avons pas de choix avec la génétique, ni avec le lieu et l’instant où nous sommes nés. Nous avons le choix du prochain pas, de la prochaine direction.
La santé est de l’ordre de la nature. La métaphore de la toile d’araignée évoque les constructions de la nature, des fractales rayonnantes. Le corps, notre corps, le corps du nouveau-né est rayonnement. Les bras, les jambes, les doigts, les yeux, les oreilles sont des productions de la nature, continuité de la nature.
Deux façons radicalement différentes d’envisager et aborder le corps et la vie avec ce corps. L’une est fonctionnelle, elle se présente comme objective, le feu est vert, le feu est rouge, la cellule est à sa place, ou pas. L’autre est subjective, qui est concerné, que disent les cellules diverses ? L’une est rationnelle, ‘’cartésienne’’, « je crois ce que je vois ». L’autre ferme les yeux et continue à voir. Le corps est d’abord une information, « je suis ». Quand rien ne bouge, tout bouge, la planète tourne, regarde le soleil ou lui tourne le dos, la lune interfère, les astres équilibrent des fils invisibles. Le souffle, les pulsations, les perceptions, les humeurs, les idées agissent, révèlent le présent, la conscience. La santé devient l’expérience de la joie.

Ce texte est inspiré par l’œuvre de Tomás Saraceno. Tomás fait une œuvre de l’œuvre des araignées. Né en Argentine, il travaille à Berlin. Architecte, son activité rassemble les arts, les sciences de la nature et l’astrophysique.
Chemin, Ruissellement, Volute, Cocon, Nuage …

Chemin,

Je, tu, il, nous… sommes en chemin,
Quand nous ne bougeons pas, la planète sur laquelle nous sommes debout, assis.es ou allongé.es se déplace dans le cosmos à des centaines de kilomètres par secondes. Le souffle déplace des centaines de milliers d’atomes d’oxygène entre les feuilles, les algues et les cellules du bout du doigt, de l’oreille et de l’œil. Quelques zeptosecondes sont nécessaires pour que la molécule d’oxygène passe de l’eau au gaz carbonique en libérant de l’énergie dans les combustions cellulaires.
Sur ce chemin, retournez-vous. Continuez votre chemin en marchand en arrière, faites face au passé, jusqu’à vos origines. Voyez ces assemblages de matières et d’affections. Revivez ces montagnes de tendresses et de souffrances. Voyez le début, voyez la fin. Chaque instant comme un début et une fin. Chaque soir comme une fin, chaque matin comme un début. Chaque expiration est une fin, chaque inspiration est un début.
Ne bougez rien, le chemin se déroule.


Ruissellement,

Nous sommes ruissellement, comme cette goutte d’eau qui circule dans le ruisseau.
De vapeur à nuage à goutte à rivière souterraine à émergence.
A chaque instant, de souffle à pensée, ruissellement de l’air.
Être sensible,
Canalisé.
Ce que nous sommes est continuité d’une cellule à la peau, au toucher, au goût, au regard, au parfum. L’environnement est canal. Canal biologique, continuité biologique.
Canaux historiques faits de choix, d’élans, de freins, de montées et de descentes.
Nous avons le choix de nous identifier à l’un ou à l’autre.
Aux perceptions ou aux actions,
Au présent ou aux mémoires.
Être est une perception, être est dans le présent, ce qui exclue les mémoires.


Volute,

Une volute est officiellement une spirale. Le mot s’applique également à la fumée. Il n’y a pas de mots suffisants pour désigner les formes des nuages. La fumée d’une cigarette, évènement devenu rare, représentait ces formes, volutes, nuages, vapeurs. Autant de matérialisation de l’air. Mettez une goutte de lait dans du thé, ou dans du café, voyez les couleurs, les substances différentes s’emmêler. L’air n’est pas davantage homogène.
L’expiration est apparemment de l’air. L’expiration est en réalité un extrait. Nous nous expirons. Prolongement du corps à la rencontre du monde.
Inspiration, exploration du monde.
La volute est esthétique, mouvante, transitoire,
Rien d’homogène, fluctuations, rencontres, échanges.


Cocon,

La vie sort d’un cocon
Neuve
De ce cocon subsistent des fils peu visibles et solides
Des fils certains qui relient aux passés
Vous pouvez envisager ces fils comme ceux de la marionnette
La vie sociale
Le langage
Le goût
Les attaches sont culturelles, profondément culturelles
Il est important de percevoir ces fils qui relient aux passés
Quand ils deviennent contraintes
Quand ils serrent
Le présent n’a pas de fil


Nuage,

La prochaine fois que vous rencontrerez un nuage
Prenez votre temps
Les nuages ont de multiples formes, de multiples conditions
Ils évoluent selon les vents, les pressions et les températures
Énormes nuages pommelés ou moutons bien rangés ou voiles
Les nuages vivent entre lune et soleil, entre sec et humide
Condensation d’électrons homogène
Le nuage est une partie de vous-même, un prolongement
Prenez votre temps
Ou l’inverse, sortez du temps
Ce qui nous fait apparaitre la vie homogène est une bévue
Reprenons l’observation du nuage
Observons les contraintes anatomiques et biologiques limitant nos capacités d’observations
Le front tient tellement de place, il est tellement lourd
Le regard est confiné aux quadrants inférieurs
Nos yeux regardent plus souvent le sol que le ciel
Pour regarder le ciel, nous devons lever la tête
Pour cela être assuré.e.s de ce qui se passe sous nos pieds, devant nos pieds
Entre deux regards, deux sorties, deux jours, le ciel a changé, muté
La bévue est de ne pas être conscient des mutations de chaque instant
Notre système organique est permanente mutation
Notre système psychique se coince, s’écrase dans un état
Tous les matins, la mémoire prétend à la réalité
Souvent dans la journée, la mémoire prétend à la réalité
« Je suis « moi » »
Envisagez
« Je suis nuage »


Nous sommes deux !

Méditation…

Nous sommes deux, anatomiquement, physiologiquement, psychologiquement. Un être de droite et un être de gauche. Un côté solaire, un côté lunaire, un masculin, un féminin, un maternel, un paternel. Nous sommes à droite ou à gauche, un cerveau à droite, un cerveau à gauche, une main droite, une main gauche, un pied droit, un gauche, deux yeux, deux narines, deux oreilles… apparente symétrie.
Nous sommes 2, parce qu’il est difficile d’être 1.
Nous sommes 2, parce qu’il est difficile d’être d’accord avec soi.
Nous sommes 2, parce qu’il est souvent aussi difficile d’être d’accord avec les autres qu’avec soi.
Nous sommes 2 pourrait aussi se dire au singulier « Je suis 2 ». En réalité « Je suis » est un millefeuille. Nous resterons aujourd’hui sur la base de 2. Une autre fois nous regarderons les étages dudit millefeuille.
Nous sommes 2, ou je suis 2, comme constat de départ pour se retrouver 1, sans condition.

Cette méditation se fonde sur des réalités biologiques. La réalité biologique la plus palpable est rythmes. Inspirations, expirations, pulsations, cycles hormonaux.
Cette méditation se fonde sur des réalités planétaires. Nous habitons sur une planète, nous sommes émanation de cette planète. Nous sommes végétal, bactérie, animal, algue, tout à la fois, tout en continuité.
Cette planète, cette vie, cet espace, ce souffle, ont été étudiés, médités, interprétés.
Cette symétrie, cette asymétrie, cette duplicité, pour le yoga, sont regardées comme les fibres qui constituent les plantes, comme le ballet de la lune et du soleil. L’énergie qui donne la verticalité est faite de deux énergies, Ida et Pingala. Ida se situe à gauche, Pingala à droite. Ida est féminin, lunaire. Pingala est masculin, solaire.
Il s’agit de courants, aussi palpables que les courants d’air ou d’eau, aussi palpables que le germe du crocus ou du haricot.
Il s’agit des énergies liées aux souffles. Souffles issus de la feuille, issus des racines. Le souffle est continuité, des courants d’air, des courants d’eau, de la croissance de l’arbre, de la croissance des pieds, des mains, des yeux et des oreilles.
Les souffles deviennent matières, idées, pensées, psychés.
Les énergies de droite, les énergies de gauche, Ida, Pingala se réunissent et s’unissent. La pomme composera cinq graines, en étoile, le kiwi composera mille graines en rayonnement.

Nous faisons Un.

L’addiction comme une erreur de limites

La méditation est une attention. La limite dans l’air et le souffle. Dans la conscience des interfaces.

Pour mieux voir le mécanisme de l’addiction, envisageons l’addiction comme une confusion entre dedans et dehors, comme erreurs de limites entre sujet et objet.
L’addict, au moment de l’addiction, identifie sa vie, « moi » à un objet. « Cet objet est indispensable à ma vie » l’objet peut être un produit, une personne, une situation.
Hors des addictions, « Ma vie » est faite de hauts, de bas, de goûts, de parfums, de pleins et de vides.
La culture identifie les perceptions à des émotions,
Les usages mettent des mots et de la morale sur les hauts,
Les bas, les pleins et les vides.
Le lourd, le léger, le chaud, le froid, la joie ou la tristesse,
Les perceptions du plein ou du vide sont des évènements de la nature.
Nous avons un corps personnel, nous avons un corps social…
La société, les autres, sont des pressions,
Pressions à consommer ou à ne pas consommer,
Pressions à aller à droite ou à gauche, en haut ou en bas…
Pressions aux bonheurs et aux malheurs.
L’addiction comme une réaction,
L’addiction comme un rebond ou tentative de pousser les limites et de sortir des limites.
La méditation est une attention, une écoute, écoute des perceptions, écoute des rythmes.
Méditer est un état naturel

Nous méditons naturellement entre deux pensées, dans le sommeil profond, entre deux actions, en goûtant, en écoutant, en respirant…

L’approche de la méditation que nous offrons ici se fonde sur l’expérience.
Cette expérience prend ses sources dans l’Himalaya, il y a très longtemps.
C’est l’origine profonde du Yoga, méthode d’observation.
On peut dire aujourd’hui que le Yoga observe la nature profonde, la continuité entre un rayon de soleil, une goutte d’eau, d’air, l’audition, le goût et la vision.
La méditation comme une exploration silencieuse. Dans ce silence, un bouillonnement.
La vie faite de matières, d’énergies, de perceptions et d’actions,
L’intelligence liée aux perceptions,
Le mental (la pensée) liée aux actions,
Le bouillonnement vital est joie sans objet.
Explorez les silences…
Les bruits de « je », de « moi », des « autres », des « il faut », « je dois »
La difficulté, la tristesse, sont des ombres sur la joie.
Le manque, le vide, ne sont pas le contraire du plein.
Explorez le sensible,
La peau et le souffle comme interfaces.
Les yeux, les oreilles comme éléments de l’Univers.
Addiction et Méditation
L’addiction est une confusion entre dedans et dehors, erreur de limites entre le sujet et l’objet. Le sujet addict identifie sa vie « moi » à un objet. « Cet objet est indispensable à ma vie » l’objet peut être un produit, une personne, une situation. « Ma vie » est faite de hauts, de bas, de goûts, de parfums.
La culture nous amène à identifier les perceptions à des émotions, le lourd, le léger, le chaud, le froid, à la joie ou la tristesse. Les perceptions du plein ou du vide sont identifiées au bonheur ou au malheur.
Proposer la méditation dans l’addiction, c’est offrir une capacité à prendre de la distance. C’est à la fois de la distance et de l’intimité avec la nature de ce que l’on est, de la réalité de la personne.
Dans cette approche, la vie est faite de matières, d’énergies, de perceptions, d’actions et de joie. La difficulté, la tristesse, sont des ombres sur la joie. Le manque, le vide, ne sont pas le contraire du plein.
Méditer n’est pas une pensée
Méditer n’est pas une pensée, ni une action. Nous méditons naturellement entre deux pensées, dans le sommeil profond, entre deux actions, en goûtant, en écoutant, en respirant…
Méditer, c’est faire connaissance avec la conscience. La conscience n’est pas un objet, elle n’est ni pleine, ni vide !
Dans la méditation, il y a total prolongement entre dehors et dedans, de notre nature.
Méditer, décider !
A chaque instant, nous devons décider d’aller à droite, à gauche, plus haut ou plus bas.
A chaque instant, nous devons nous assurer de la verticale et de l’horizontale.
Ces instants sont des temps subjectivement courts. Ces instants sont objectivement long. Le temps des neurones est long, le temps de la pensée est long. Dans ces temps agissent la nature et les conditionnements.
Qui décide vraiment ? La nature ? Notre nature ? Ou les mémoires ?
Les mémoires sont profondément inscrites dans les structures physiques et psychiques.
Méditer, c’est prendre du temps, c’est visiter les espaces, les perceptions et les mémoires.
Méditer, c’est revoir le haut, le bas, devant, derrière,
C’est voir les conditions de notre planète, celle d’où « J’apparais »,
Méditer c’est en même temps prendre de la distance et se rapprocher de son axe, la conscience.
Boire, manger, méditer !
Plusieurs fois par jour, nous décidons de manger ou de boire, de ne pas manger ou de ne pas boire, fumer, pas fumer, jouer, pas jouer, travailler, pas travailler…
Manger, boire, fumer, jouer, travailler, dormir… répondent à l’appel des cellules.
La façon, les modalités des réponses, répondent en partie à la nature, davantage aux mémoires et aux conditionnements.
« Où J’apparais », « Où Je Suis », « Qui Je Suis »…
Méditer, c’est visiter,
Visiter et explorer toujours !
Le corps, méditer !
Le corps nous apparait !
Le corps est d’abord une perception Perception du corps et perception du monde sont les faces d’une même feuille.
A la fois les faces et l’épaisseur de la feuille.
Le corps est fait de perceptions et d’actions !
Méditer, ici, c’est entrer dans les perceptions, ce n’est pas une pensée,
(la perception est intelligence, la pensée est action).
Le souffle, méditer !
Le souffle est un mouvement.
Mouvement de l’air,
Mouvement des vagues,
Mouvement des planètes et des astres.
Le souffle est un mouvement dans le corps, un mouvement dans les cellules, un mouvement d’atomes, oxygène, carbone, azote, fer, chrome, sélénium, zinc…
Le souffle est conditionné, par le souffle du ventre maternel dans lequel on nait (Où J’apparais).
Le souffle est conditionné, par le souffle des « autres », ceux que j’ai rencontré et ceux que je rencontre. Ceux qui m’ont appris à marcher, à boire, à manger. A me conditionner à la vie adaptée de « Où Je Suis ».
Souffle pour exprimer, souffle pour dire, souffle pour manger, souffle pour tenir debout…
Souffle pour habiter l’égo, agresser et défendre.
La méditation, peu à peu, contemple le souffle comme le vent, les nuages et le courants.

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